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Poésie

Maintenant… en exil

Maintenant, en exil… oui à la maison,
dans la soixantaine d’une vie éphémère,
on allume les chandelles pour toi.

Réjouis-toi donc, aussi calmement que tu le peux,
car une mort insouciante s’est égarée sur son chemin vers toi
dans la cohue… elle t’a omis.

Sur les décombres, une lune curieuse
ricane comme une sotte,
ne crois pas qu’elle descend pour te recevoir.

Elle est, dans son ancienne fonction, comme mars le nouveau,
elle a rendu aux arbres les noms de la nostalgie
et t’a négligé.

Célèbre donc avec tes amis la brisure de la coupe.
Dans la soixantaine, tu ne trouveras pas le demain lointain,
que tu le portes sur l’épaule de l’hymne, et qu’il te porte.

Dis à la vie, ainsi qu’il sied à un poète affuté :
va lentement à l’avenant des femmes sûres de leur charme
et leur ruse. À chacune son appel inavoué :
Me voici tienne ! Que tu es beau !

Marche lentement ô vie, que je puisse te voir
avec toute l’imperfection autour de moi. Combien je t’ai oublié dans tes flots, à la recherche de moi, de toi. Et à chaque fois
j’arrachai de toi un secret, tu dis cruellement :
Ô combien tu es ignorant !

Dis à l’absence : tu m’as manqué
Et je suis venu… te parfaire.

Traduit du recueil « Comme des fleurs d’amandier ou plus loin » de Mahmoud Darwich.

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